Le festival de Cannes a rendu un bel hommage à travers le prix d’interprétation masculine au film « Indigènes » qui raconte l’histoire de quelques soldats maghrébins de l’armée française pendant la Libération du territoire français métropolitain en 1944-45. C’est un juste rappel du sacrifice de ces soldats de l’Empire colonial, souvent oubliés aujourd’hui puisque certains ne touchent même pas les pensions auxquelles ils ont droit depuis cette époque : la République est parfois bien oublieuse de ses devoirs moraux d’Etat
Le jour de la projection de ce film, j’ai entendu, sur deux radios différentes, deux entretiens avec l’un des principaux acteurs du long métrage, Jamel Debbouze et, à chaque fois, il a dit, haut et fort, très distinctement : « je suis français et fier de l’être ». Cette profession de foi est d’autant plus importante, eu égard à l’influence de Jamel Debbouze sur les nouvelles générations : il montre, en quelques mots, l’importance du sentiment d’appartenance nationale à la France et constitue la meilleure réponse à certains jeunes déracinés qui dénigrent la France par provocation. Ce patriotisme revendiqué n’est pas anodin et a fait, visiblement, grincer quelques dents parmi les éternels « déclinistes » ou « intellectuels-citoyens du monde » qui ne cessent de vanter les mérites du « néo-nomadisme » contemporain. Debbouze a, de plus, « aggravé son cas » en entonnant « le chant des Africains », chant des troupes maghrébines et pieds-noirs et devenu le chant des partisans de l’Algérie française dans les années 60
Cet événement sera sans doute vite oublié ou relativisé : pourtant, il prouve que, malgré les discours de certains, la France n’est pas finie et que ses fils, quelles que soient leurs origines, sont fiers de l’avoir comme mère. Que ses compagnons du film et lui l’aient chanté, le jour même de la « fête des mères » est un signe qu’il me semble intéressant de souligner : est-ce vraiment un hasard ?